Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie : « Ce que l’on fait chez nous ne sert à rien si la Suisse ne suit pas »

  • Accueil
  • Presse et médias
  • Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie : « Ce que l’on fait chez nous ne sert à rien si la Suisse ne suit pas »
Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie : « Ce que l’on fait chez nous ne sert à rien si la Suisse ne suit pas »

Le Temps

Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie : « Ce que l’on fait chez nous ne sert à rien si la Suisse ne suit pas »

28 mars 2020

Le sénateur français Loïc Hervé est très fâché contre la Confédération. Il considère que les mesures qu’elle a prises contre la propagation du coronavirus sont insuffisantes et il juge blessants les propos qu’Alain Berset a tenus récemment sur la « politique spectacle », qui « visaient directement la France »

Le Temps : Que reprochez-vous aux autorités suisses ?

Loïc Hervé : La France est confinée, la Haute-Savoie aussi bien entendu. La Suisse, de son côté, invite à un confinement relatif, avec des déplacements qui restent donc autorisés. J’ai l’impression que ce que l’on fait chez nous ne sert à rien si la Suisse ne suit pas, si nos voisins n’appliquent pas les mêmes mesures que les nôtres. Le canton de Genève est comme une enclave en France qui partage 95% de frontière avec notre pays. Des dizaines de milliers de frontaliers se rendent chaque jour en Suisse pour travailler. Il faut donc une politique cohérente. Alain Berset a parlé l’autre jour de politique spectacle pour justifier le non-confinement total de la Suisse. Ses propos ont visé directement la France. Ce fut blessant, sachant nos contraintes actuelles et la situation pour le moins dramatique qui prévaut dans des régions de France, le Grand Est notamment. En qualité d’élu, je suis sans cesse interpellé par les gens, des simples habitants, des entrepreneurs, d’autres élus. Je leur explique le bien-fondé des mesures prises par Paris. Mais comment leur expliquer qu’à côté des gens se promènent le long du lac et des jeunes font la fête le soir ? Ils ont tous des proches ou des amis qui travaillent à Genève, qui sont exposés donc.

Vous avez interpellé le Ministère des affaires étrangères. Qu’en attendez-vous ?

J’ai contacté directement Amélie de Montchalin, la secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes. Je lui ai fait part de mon coup de gueule. Dans le cadre des discussions bilatérales, le sujet sera abordé. Il reste que Paris et Berne ne devraient pas être mis en avant dans cette affaire. J’imaginais que le Conseil d’Etat genevois et le préfet de Haute-Savoie prendraient attache et harmoniseraient leurs violons. Chacun est certes libre de faire ce qu’il veut mais dans cette épidémie de coronavirus on pourrait le payer cher si l’on n’affiche pas un minimum de cohérence.

Des réactions à votre coup de gueule ?

Il y a des Suisses qui m’ont fait comprendre que leur pays est souverain et que je devrais me mêler de ce qui se passe en France. Je pratiquerais une forme d’ingérence. D’autres m’approuvent parce qu’ils savent que l’on vit sur le même territoire. A cet égard, j’observe que le conseiller d’Etat Mauro Poggia me rejoint. Il appelle aujourd’hui à un confinement plus strict, presque équivalent au nôtre. Alain Berset qui a rendu visite aux HUG semble de son côté aller aussi doucement dans notre sens.

Dans la même rubrique

Mot-clés

Mes derniers Tweets